Biographie

Photo papaPassionné très jeune par la pratique du dessin et la lecture de bandes dessinées, il suit des cours d’arts graphiques à l’Institut Saint-Luc. Ayant quitté cette école avant d’être diplômé, il présente ses travaux à Hergé qui lui propose dans un premier temps de venir travailler aux Studios Hergé. Jean Torton y fait la connaissance de Jacques Martin, Bob de Moor, Edgar P. Jacobs et Roger Leloup. Par la suite, Hergé le recommande au rédacteur en chef du Journal de Tintin, Marcel Dehaye1.

Sa première contribution à Tintin est une histoire de western écrite par Yves Duval : Little Big Horn River. Il devient ensuite son propre scénariste et livre de courts récits sur une base mensuelle. Après que Greg a succédé à Marcel Dehaye, Torton collabore au magazine de façon moins régulière mais, d’un autre côté, il réalise des bandes dessinées pour le journal belge Le Soir. Changeant de média, il entre au studio Belvision où il se voit confier entre autres les décors des dessins animés Astérix et Cléopâtre et Le Temple du Soleil. Renouant avec le Journal de Tintin en 1971, il dessine une histoire sur la Conquista des Amériques : L’Histoire de Popocatepetl et Les Conquérants du Mexique, d’abord seul puis avec Jean-Luc Vernal au scénario.

Après une période pendant laquelle Jean Torton officie comme coloriste pour Liliane et Fred Funcken ainsi que pour Paul Cuvelier, il cesse un temps son activité professionnelle pour vivre retiré à la campagne1, dans le sud de la France. C’est là qu’il consacre une dizaine d’années à réaliser avec son ami Claude Lambert une imposante « fresque biblique » en 10 volumes aux Éditions du Lombard.

Quand il revient à ses premières amours, son style graphique a changé et il a adopté le pseudonyme de Jeronaton, une anagramme de son nom aux consonances maya et égyptienne1. Il s’impose comme l’un des précurseurs de la bande dessinée peinte avec des œuvres comme Champakou ou L’Œuf du monde, qui paraissent à la fin des années 1970 dans Métal Hurlant récemment créé. Dans les années 1980, Jeronaton produit d’autres albums tels que Le Grand Passage et L’Éternel Voyage (en 2 tomes), et, dans un style réaliste, Théodora ainsi qu’un album tiré des Évangiles en 1994 : Yeshoua2.

Délaissant quelque temps la bande dessinée au profit de l’illustration, il se tourne au cours de cet intermède vers les images de synthèse, une technique qu’il peaufine pour combiner les dessins vectoriels avec la 3D. Il illustre ainsi pour des encyclopédies des reconstitutions en 3D de sites précolombiens2, babyloniens, byzantins et égyptiens. Partant de là, Jeronaton décide de réaliser un album sur ordinateur, auquel il applique ce nouvel art : ce sera Princesse Maya, la première histoire de bande dessinée en relief et en couleur3, que l’on peut lire avec des lunettes stéréoscopiques.

Au début des années 2000, l’éditeur Casterman contacte Jean Torton pour lui confier la série des Voyages d’Alix, dont il dessinera quatre albums (écrits par Jacques Martin) se déroulant chez les indiens précolombiens1, auxquels se rajoutera une biographie d’Alexandre le Grand dans la série dérivée Alix raconte, avec François Maingoval au scénario.

Au cours de la décennie suivante, il termine, en collaboration avec Pascal Davoz, une épopée historique sur Napoléon Bonaparte en quatre albums.